08/11/2012 11:20 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1)

I just can't get enough

Les chants des supporters anglo-saxons sont les meilleurs que la planète football puisse enfanter. D'abord parce qu'ils sont repris en chœur par toute l'assistance, tribune VIP comprise, ensuite parce qu'ils sont toujours librement inspirés par la noble école de la pop des îles britanniques.


A deux reprises hier soir le Celtic Park tout entier s'est fait une joie d'entonner le tube de Depeche Mode «I just can't get enough». Le synthé à la réverbe désenchantée a été remplacé par des onomatopées d'ivrogne, les paroles ont été customisée à la gloire du club catholique de Glasgow, mais la sémantique reste la même: «jamais, on en aura jamais assez».


Le Barça, pas dans un grand soir, s'est cassé les dents sur des Ecossais portés par tout un peuple. Le seul jeu des Catalans n'a - pour la première fois de la saison - pas fait le poids. Abnégation, courage, ténacité, rigueur: voilà des valeurs tout aussi nobles dans le football que la technique, la jouerie et la créativité. Lionel Messi et ses acolytes avaient pourtant été prévenus il y a deux semaines de cela, mais ils ont à nouveau trébuché sur le panache des Bhoys.


Dans la clameur d'un Celtic Park au paroxysme de la félicité, une étrange impression a envahi la chaleur de cette fraîche nuit de novembre. Comme si les joueurs du Barça, habitué au doux ronron du Camp Nou, en demandaient encore. Ah, Depeche Mode, quand tu nous tiens. Rod Stewart le sait mieux que personne.

29/10/2012 10:34 | Lien permanent | Commentaires (0)

La faim justifie les moyens

Servette a cueilli sa première victoire de la saison. Cinq mois de disette pour enfin à nouveau récolter trois points, et un constat: les Genevois se débrouillent mieux face aux gros.


La dernière victoire des «grenat» remontait en effet au 20 mai dernier face à un FC Bâle déjà champion. Hier c'est face au surprenant mais incontesté leader de Super League que Servette s'est imposé.


Des points dans l'escarcelle, mais très peu de jeu au rendez-vous. Servette a subi, Servette a plié, mais Servette n'a pas rompu. «On s’est battus avec nos moyens, mais on n’a en rien volé cette victoire, même si on l’aurait plus méritée en d’autres circonstances», glissera coach Fournier dans nos colonnes au terme de la rencontre.


Il en va dans la vie comme dans le football, c'est face aux obstacles les plus insurmontables que l'Homme se surpasse, s’entichant peu de la manière. Et c'est sur les petits aléas que les esthètes du quotidien trébuchent. La tourmente est le tremplin des cœurs vaillants, lorsque la manière est le luxe des insouciants.


Conclusion: c'est quand le jeu devient dur que les durs deviennent bons. CQFD.

25/10/2012 11:51 | Lien permanent | Commentaires (1)

Un vrai match de Ligue des champions

«Les meilleures équipes, the chaaaaaampiooooooons.» Trompettes sonnantes et cymbales claquantes, l'hymne de la Ligue des champions prend aux tripes et reste coincé dans l'oreille interne. Georg Friedrich Haendel était sans doute loin d'imaginer que son Zadok the Priest, composé pour le couronnement du roi Georges II de Grande-Bretagne en 1727, enivrerait les amoureux du ballon rond trois siècles plus tard.


Lorsque le Real Madrid et le Borussia Dortmund sont entrés sur la pelouse du Signal-Iduna Park - Westfalenstadion pour les puristes dont je fais partie - sous l'aria d'un lyrisme haendélien réadapté en trois langues pour les rois de l’Europe globalisée, chefs droits et torses bombés, la solennité de l'instant est monté haut au panthéon de l'icosaèdre tronqué.


Les regards bienveillants de Ferenc Puskas et Lothar Emmerich en toile de fond, les 22 contemporains ont fait honneur à la plus relevée des émulations sportives de ce bas monde. Un vrai match de Ligue des champions: un engagement débordant comme la mousse d'une bière trop fraiche, une envie à faire pâlir un taulard sevré depuis 20 ans. Les champions d’Espagne et d’Allemagne ont offert au bas peuple l'opium qu'il suppliait sans vergogne.


Au final peu importe le score, il reste l'émotion, le partage. Et surtout l'évasion. De celle qui font office de baume à l'âme, autant pour les chômeurs de la Ruhr que pour les indignés du royaume de Castille. Au fond de leurs cœurs, s'en retournant à la triste réalité de leurs existences, ils lâchent ces mots en chorale, aussi inattendus qu'emplis d’espoir: «Merci à toi, Georg Friedrich Haendel».