29/09/2011

Ricardo n'a peur de rien

Ottmar Hitzfeld a sélectionné pour la première fois Ricardo Rodriguez. Bien lui en a pris.

Le champion du monde M17 en 2009 est une perle rare. Abnégation, générosité, perpétuelle envie de créer du jeu: du haut de ses 19 ans, le latéral gauche du FC Zurich ne fera pas long feu en Super League. Sa jeunesse le pousse à aller de l'avant.

Face au Bayern Munich, il avait réussi l'exploit de museler l'insaisissable Arjen Robben. Son pied gauche est une petite merveille, capable de distiller des centres millimétrés. Il ne doute de rien, son intime conviction d'être le meilleur fait sa grande force. C'est un winner. Pour l'instant...

Oui, pour l'instant. Car un jour il doutera. Il n'aura plus la confiance de son entraîneur. Un jour il devra se remettre en question. C'est ce jour-là que l'on verra si c'est un véritable champion. Le jour où, au contact du véritable haut niveau, il sera capable d'élever encore ses ambitions. Sinon il se transformera vite en looser. Comme d'autres, il aura brulé ses ailes en s'étant vu plus beau qu'il n'était, et le fromage lui tombera du bec.

Pour l'avoir vu jouer de mes propres yeux, je suis persuadé qu'il s'agit là d'un des plus grands espoirs du football suisse. Son mental, comme son physique et sa technique, me surprennent à chaque fois plus. Ricardo, moi, je crois en toi. Et je ne suis pas le seul. Il me semble qu'un certain Gottmar aussi. Ne nous déçoit pas.

15:50 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

27/09/2011

Vive la Challenge League

C'était horrible. Je peine à m'en remettre, vraiment. Quel spectacle catastrophique. J'aurais mieux fait de rester à la maison. Ou de profiter du beau temps pour tenter de rattraper un bronzage qui m'a échappé tout l'été.

Vous l'aurez compris, dimanche, j'étais à la Pontaise pour le derby lémanique. Un match qu'on annonçait plein d'émotions. Le premier tournant de la saison. Le tournant, les deux équipes l'ont raté. Comme moi, elles ont fini droit dans le mur. Mais moi, j'étais dépossédé de 20 francs. 40 si on compte les bières qui vont avec.

La saison passée, ces deux équipes évoluaient en Challenge League. On avait alors assisté à deux derbys intenses, riches en émotions. Servette-Lausanne, Lausanne-Servette: des affiches qui tenaient leurs promesses. 60 francs de bières, du coup, mais l'alcool était heureux en rentrant au bercail.

Cet été, ces deux équipes se sont renforcées. Ah bon, tient donc. A d'autres. Dimanche, mon billet était estampillé Super League, mais j'ai assisté à un mauvais match de Challenge League. Autrefois, mon sésame portait la griffe de Dosenbach, mais mes yeux assistaient à des bons matches d'Axpo. Et à la fin, je n’avais plus soif. Là, je suis cruellement resté sur ma faim.

14:26 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1)

05/09/2011

Dur jeu

C'est comme ça, rien n'y changera. Il suffit de l'évoquer pour voir les frileux monter au créneau: insécurité.

"Sentiment d'insécurité".

"J'ai peur".

C'est naturel, instinctif, de vouloir protéger son petit confort.

Réflexe contre lequel il faut se battre pourtant. La peur est un frein.

Usaïn Bolt n'a peur de rien. Rien ne l'atteint. Archétype de la foulée. Hanches de gazelle, cuisses de nabab, envergure de condor. Il est né pour courir et en est profondément conscient. Professionnel à toutes épreuves: ses pitreries ne sont qu'autant de diversions - c'est bien l'athlète ultime qui est là, sous vos yeux. Incroyablement imprévisible. Formidablement parfait. Tout à fait inarrêtable.

Il sait qu'il est exceptionnel. Il n'a peur de rien. Il n'a pas de petit confort. Son quotidien est son paradis: "run".

Les footballeurs n'atteindront pas la perfection, eux. Pas même Messi. Demandez donc à Maradona. Tous sont obligés de jouer dur pour gagner. Le talent ne suffit de loin pas.

Car le footballeur, dans toute son humanité, a peur. Peur de son imperfection.

Le football est à l'image de la vie, ma foi, un dur jeu. Faut jouer dur pour gagner.

 

23:38 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

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