28/11/2011 15:39 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (2)

Adeus Luvas Pretas

Joao Alves va voguer sous d'autres cieux. Passons outre les obscures conditions de son licenciement pour saluer l'homme, qui va diablement manquer au football suisse.

Luvas Pretas n'a jamais été un homme facile à interviewer. Sans doute marqué par une presse ibérique bien plus agressive que la nôtre, il peinait à se dévoiler face aux questions des journalistes. Ou alors était-ce un coup de sa pudeur naturelle.

Jusqu'à ce vendredi, le premier de juin 2011. Avec mon collègue Christian Maillard, nous étions allés à la rencontre d'un coach qui venait de fêter la promotion de son club. Un homme qui ne savait pas encore de quoi son avenir serait fait. Les sentiments étaient mêlés. Joao Alves baissait la garde. Souvenirs extraordinaires dans son petit bureau de Balexert.

L'affection du public grenat le touchait: j'ai vu ses yeux humides au moment d'évoquer les ovations qui lui étaient réservées. «J'en ai connu d'autres disait-il, quelque peu dérouté, se souvenant de son premier clasico sous les couleurs du PSG au Parc des Princes. J'avais fait un match formidable, le public scandait mon nom. Mais cette relation que j'ai avec le public servettien est toute particulière.»

Je me souviens de son ardeur, à chaque fois qu'il évoquait le ballon. Ses mains se mettaient à parler, et tout devenait plus clair. «Naturellement», comme il aimait si souvent le dire.

Je me souviens surtout de son humilité, attribuant chacun de ses succès à son groupe, rechignant toujours à se mettre en avant, même quand les circonstances l'imposaient.

Non, Joao Alves n'est pas mort. Il rebondira à coup sûr devant un nouveau défi. Mais quelque chose s'est brisé dans chaque cœur grenat ce lundi matin, le dernier de novembre, à l'annonce de son éviction. Peu importe les dirigeants, qui passent avec les époques, tout en haut du panthéon servettien resteront gravés ces mots: «Obrigado Luvas Pretas».

Commentaires

Merci pour ce joli article plein de la tendresse que mérite Joao Alves, ainsi que son fils Carlos.
Pas parce qu'ils ont ramené le SFC en Super League.
Non, pour les principes et les valeurs qu'ils ont su cultiver dans un jardin grenat pourtant en friche depuis des lustres, temps pas si lointain où le club grenat était honni en ses propres terres.

La reconnaissance n'a malheureusement plus sa place dans le foot moderne. Mais la fidélité n'est pas un vain mot pour les supporters grenats. Ils placeront pour très longtemps encore Joao Alves au panthéon des gloires les plus respectées et appréciées du Servette FC. Beaucoup furent glorifiés, mais peu ont rayonné d'une telle candeur sur l'autel de l'humilité et de l'esprit servettien.

Gloire à Joao Alves, à Carlos et leur famille. Beaucoup ont grandi en tant qu'hommes à vos côtés. De nombreux joueurs grenats en particulier.

Malheureusement, la route les éloigne aujourd'hui du chemin de la Praille. Puisse un jour les valeurs cultivées dans le jardin grenat les y ramener à nouveau.

Ce serait un privilège que, égoïstment, nous souhaitons au Servette FC et à tous ses partisans.

Par Les Enfants du Servette

Écrit par : Enfants du Servette | 30/11/2011

C'est un bel hommage, bravo Florian. J'aimais beaucoup Joaõ Alvès, moi aussi. C'était quelqu'un de vrai, tellement humain. Il était trop bien pour les dirigeants servettiens. M. Pyshiar l'a méprisé. Cet homme me fait peur, il y a du Chagaev en lui, dans ses discours. Pour revenir à M. Alvès, l'artiste aux gants noirs, c'ètait José Mourinho, l'arrogance en moins et l'humilité en plus. Un homme avant d'être un entraîneur. Un personnage comme on en fait plus dans un milieu où il est préférable de mettre un costard cravate qu'un training ou un col roulé. M. Costinha à bien réussi son coup. Mais il va le regretter. Car c'est bien connu: il n'y a que le talent qui a le dernier mot. Joaõ reprendra bientôt la parole dans un club où la notion de famille n'est pas un vain mot. Il me manque déjà. Obrigado o artista, oui merci Monsieur Joaõ Alvès. Je ne vous oublierai jamais.

Écrit par : Grenats63 | 30/11/2011

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