15/10/2012 12:05 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

Deux poids, deux mesures

Ottmar Hitzfeld a donc adressé un doigt d'honneur à un arbitre. Digitus impudicus diraient nos ancêtres les Romains, qui voyaient en ce majeur dressé une évocation visuelle d'une pénétration sexuelle honteuse ou dégradante. Merci Ottmar, grâce à toi j'en sais enfin plus sur ce geste vieux comme le monde.


Sur le fond comme sur la forme - tristement - rien de choquant dans un milieu où les insanités sont monnaie courante. Qu'on les cautionne ou non, les provocations font partie intégrante du jeu. Les footballeurs sont très suceptibles dès que leur virilité est remise en question. Résultat, les agaceries ciblent souvent la zone qui se trouve en-dessous de la ceinture. De là à y voir un complexe...


Trêve de considérations universalistes, revenons à nos moutons noirs helvétiques. Je me rappelle d'un certain Michel Morganella. Pendant les Jeux Olympiques de Londres, il avait gazouillé des insultes au peuple coréen par le biais de son compte twitter. Le jeune Valaisan, pas malin pour un sou, s'était fait signifier le chemin de Chippis fissa par les dirigeants de Swiss Olympic. «Nous condamnons de la manière la plus ferme cette offense et cette atteinte à la dignité», avaient justifié les cadres du jeune Iroquois.


Alors, certes, l'ASF et Swiss Olympic sont des organismes indépendants. Pour autant, les valeurs du sport ne sont-elles pas universelles? Il m'avait semblé comprendre un truc dans le genre...


Oui, un doigt d'honneur est une offense et une attenite à la dignité. Les dirigeants du football suisse se contentent pourtant, comme trop souvent, de ne pas «anticiper». «C’est désormais à la FIFA de se prononcer. On ne veut pas punir deux fois M. Hitzfeld.»


La carrière du maladroit et fougueux Michel Morganella ne fut pas loin d'être brisée par l'opprobe de la vox populi. Quid de celle de l'expérimenté et montone Ottmar Hitzfeld? Les Romains, déjà, ne prêtaient leur indulgence qu'aux riches.

Les commentaires sont fermés.