19/10/2012

Du vomi sur la tête de Streller

Au gré de mes pérégrinations sur la Toile, je suis tombé sur cette charmante petite histoire. Asseyez-vous autour du feu mes enfants, je vais vous la conter.


Il était une fois l'entraîneur d'un sombre club de deuxième division départementale française qui avait perdu patience. Ses joueurs se présentaient constamment ivres morts sur la pelouse le dimanche après-midi. Un beau jour, épuisé par les excès de ses protégés, il choisit de claquer la porte. Ras le bol, fini de jouer, suffit.


«Sept de mes titulaires étaient bourrés, raconta le coach désespéré. Deux ou trois d’entre eux ont même dégueulé sur le terrain pendant l’échauffement, c’était n’importe quoi! Sur le banc, franchement, je devenais fou. Je voyais bien que les mecs avaient envie de faire des efforts, mais ils ne pouvaient pas courir.» Passé à tabac 5-0 par son adversaire du jour, le petit club voyait donc son mentor vider son casier dès le coup de sifflet final.


Cerise sur le baba au rhum, ce n'est autre que le président du club qui avait convié ses joueurs à la virée nocturne en question.


FIN


«Ah, voilà une belle histoire comme le football nous en réserve que trop rarement», me suis-je dit dans un premier temps, transporté par la poésie du moment.


Avant de remettre les pieds sur terre: «Quels petits joueurs ces pros! Quand ils sont de sortie, c'est trois jours avant un match, et on leur fait la morale. N'importe quoi!»


Et si Tintin mettait tous ses protégés à l'épreuve de la Williamine un samedi soir alors que les Sédunois ont rendez-vous le lendemain à 13h45 sur la pelouse du Parc St-Jacques?


Je verrais bien Dingsdag vomir sur la tête de Streller lors d'un duel aérien un peu trop viril. Pour sûr, les audiences dominicales de Teleclub prendraient l'ascenseur. Et les revenus sponsoring qui vont avec aussi. De quoi professionnaliser l’arbitrage en Suisse! Haut les cœurs? Haut-le-cœur.

17/10/2012

Girouette

Olivier Giroud est un grand attaquant. Par la taille déjà, par l'envergure encore, par le réalisme aussi.


Face à l'Espagne, entré en jeu à la 88e minute, il n'a touché que trois ballons. Résultat: un but et deux passes réussies. Un bilan de joker à faire pâlir l'efficacité de notre Mario Gavranovic national, auteur de 4 buts en 187 minutes sous le maillot rouge à croix blanche.


Avec sa réussite inespérée, Giroud a non seulement offert un point aux Français, mais aussi mis fin à six années de disette offensive des Bleus face à l'Espagne. Il fallait remonter jusqu'à la Coupe du monde 2006 et un certain Zinédine Zidane pour voir un gardien de la Roja chercher un ballon hexagonal au fond de ses filets.


Avec Arsenal, son nouveau club depuis le mercato estival, Olivier Giroud est plus à la peine. Un but en sept appariations en Premier League, un bilan digne de notre Eren Derdiyok national (7 buts en 43 sélections à la pointe de l'attaque).


Et si le monde entier avait assisté hier au fameux déclic que tous les attaquants qui peuplent la planète football espèrent voir arriver le plus vite possible? «Le but le plus important de ma carrière? C’est sûr que c'est un but qui compte, confiait l’ancien Montpelliérain à L’Equipe. Il fait beaucoup de bien...»


Olivier Giroud a-t-il définitivement fini de jouer à la girouette dans ses performances? Réponse samedi en fin d'après-midi sur la pelouse de Norwich.

15/10/2012

Deux poids, deux mesures

Ottmar Hitzfeld a donc adressé un doigt d'honneur à un arbitre. Digitus impudicus diraient nos ancêtres les Romains, qui voyaient en ce majeur dressé une évocation visuelle d'une pénétration sexuelle honteuse ou dégradante. Merci Ottmar, grâce à toi j'en sais enfin plus sur ce geste vieux comme le monde.


Sur le fond comme sur la forme - tristement - rien de choquant dans un milieu où les insanités sont monnaie courante. Qu'on les cautionne ou non, les provocations font partie intégrante du jeu. Les footballeurs sont très suceptibles dès que leur virilité est remise en question. Résultat, les agaceries ciblent souvent la zone qui se trouve en-dessous de la ceinture. De là à y voir un complexe...


Trêve de considérations universalistes, revenons à nos moutons noirs helvétiques. Je me rappelle d'un certain Michel Morganella. Pendant les Jeux Olympiques de Londres, il avait gazouillé des insultes au peuple coréen par le biais de son compte twitter. Le jeune Valaisan, pas malin pour un sou, s'était fait signifier le chemin de Chippis fissa par les dirigeants de Swiss Olympic. «Nous condamnons de la manière la plus ferme cette offense et cette atteinte à la dignité», avaient justifié les cadres du jeune Iroquois.


Alors, certes, l'ASF et Swiss Olympic sont des organismes indépendants. Pour autant, les valeurs du sport ne sont-elles pas universelles? Il m'avait semblé comprendre un truc dans le genre...


Oui, un doigt d'honneur est une offense et une attenite à la dignité. Les dirigeants du football suisse se contentent pourtant, comme trop souvent, de ne pas «anticiper». «C’est désormais à la FIFA de se prononcer. On ne veut pas punir deux fois M. Hitzfeld.»


La carrière du maladroit et fougueux Michel Morganella ne fut pas loin d'être brisée par l'opprobe de la vox populi. Quid de celle de l'expérimenté et montone Ottmar Hitzfeld? Les Romains, déjà, ne prêtaient leur indulgence qu'aux riches.

12:05 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)