08/10/2012 11:10 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

Jouez avec vos émotions

La Casa du Deportivo, un rien désuète, affiche déjà complet bien avant le début de la rencontre. La cuisine fulmine, débordée par l'effluve du temps qui passe et qui rapproche irrémédiablement de l'instant fatidique.

C'est le lot insupportable de l’avant-match: pression exponentielle de l'insaisissable instant, ou quand la cigarette qui se consume demeure le seul rapport concret à la temporalité. 

Puis, tout s’enchaîne bien trop vite. Le temps qui ne voulait pas avancer s’emballe sans crier gare. Madrilistes et Barcelonistes se rendent coup pour coup, façon Ronaldo et Messi. Quand l'un exulte, l'autre cherche du regard un vain réconfort au fond de son verre. La réciproque ne sera que plus exubérante, histoire d'envoyer la fierté du rival valdinguer, loin. Sa mine déconfite n'est-elle pas encore plus jouissive que le sain bonheur du vainqueur?

Au final, tout s'équilibre. Chaque camp a poussé le même nombre d'onomatopées provocantes, fumé le même nombre de cigarettes, et perdu le même nombre de cheveux. Faisant fi de toutes les prédispositions génétiques. 

Ronaldo et Messi se quittent dos à dos, Juan et Abel se quittent ventre à ventre, en claquant une dernière bise en guise de confiteor. Personne n'est vraiment content, personne n'est vraiment triste. Mais tous ont purgé leurs émotions. La catharsis du Clasico opère infailliblement sur celui qui ne craint pas de s'abandonner à ses transports.

 

04/10/2012 11:17 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

Le PSG se mesure à l'Europe

Sur la dernière décennie, le FC Porto s'est fait une place de choix dans l'Europe du football. Révélateur de talents, formateur d'expérience, le Dragon pratique derechef un football référence, fait de continuité et de pragmatisme, sans perdre un goût certain et précieux pour la folie.

Le PSG qatari s'est mesuré à cette solidité de tous les instants. A ce haut niveau qui ne tolère pas la moindre faille, 90 minutes durant, où la bataille du milieu de terrain constitue le nerf de la guerre. Si Marco Verratti impressionne la L1, à la relance comme à la récupération, il est encore trop court pour la Ligue des champions. Du haut de ses 19 ans, il n'a pas encore l'épaisseur psychologique d'un Sergio Busquets. Rien de plus normal d'ailleurs. Mais c'est ce à quoi il doit tendre pour sécuriser les Parisiens.

«Un Porto au goût amer», titrait ce jeudi matin nos confrères de L'Equipe. Il s'annonçait doux et euphorisant: le breuvage - classe européenne - proposé par Carlo Ancelotti mérite encore un peu de maturation. Mais les ingrédients sont là. Sakho et Matuidi ont été impeccables, Sirigu aussi. Etonnement, ce sont ceux dont on critiquait le manque d'expérience au plus haut niveau qui ont répondu présent.

Ma foi, c'est inexorable. Le succès du PSG va devoir se contenter d'être une science aussi inexacte que les ailes de pigeons de Zlatan Ibrahimovic. Sorti de nulle part, personne ne sait véritablement jusqu’où il ira.

 

03/10/2012 09:45 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

Sir Alex a trouvé la formule

Carles Puyol qui gît au sol, le bras en forme de Z, le visage ulcéré par la douleur. C'est l'image qui a marqué cette deuxième journée de la Ligue des champions 2012-2013. Capitaine exemplaire d'engagement et de professionnalisme, le chevelu catalan ne méritait pas pareille poisse, lui qui revenait tout juste de blessure.


Heureusement, le football ne se résume pas à des images choquantes. Il est aussi parfois fait d'associations brillantes. Lorsque j'ai appris cet été que Robin Van Persie s'était fait débaucher par Manchester United, je me suis tout de suite interrogé sur sa compatibilité avec le génial Wayne Rooney. Si ces deux joueurs diablement efficaces parvenaient à s'entendre, l'Europe du football aurait des jours merveilleux devant elle. (Je tiens à préciser que ce jugement est, pour une fois, totalement objectif: je suis un supporter sans faille des seuls et uniques Reds).


L'increvable Alex Fergusson m'a donné la plus belle des réponses mardi soir. Associés pour la première fois d'entrée, les deux bougres ont sorti ManU d'un match piège en Roumanie. Un mouvement qui cherche perpétuellement la verticalité, fait de déviations et de subtilités sans fioritures: exactement à l'image du jeu des deux hommes, puissance deux. (Oui, je viens de faire un chiasme).


Deux assists pour Rooney, deux buts pour Van Persie: voilà le bilan de la soirée. «J'ai déjà inscrit 7 buts depuis que je joue ici, mais seulement un assist, a déclaré le Dutchman à la fin de la rencontre. Il m'en faut plus!» Wayne Rooney n'en demande pas moins.