22/02/2012 23:16 | Lien permanent | Commentaires (2)

Le bel été

Yann Sommer. Comme un été réconfortant pour le football suisse. Il réchauffe de sa classe une nation qui n'ira pas à l'Euro.

Au micro de la TSR, encore perché sur son nuage, le gardien du FC Bâle fait plaisir à voir. C'est lui, incontestablement l'homme du match. "On a gefight jusqu'à la fin". Son français, accentué mais enthousiaste, rappelle au bon souvenir d'un autre Bâlois.

Yann Sommer et son FC Bâle viennent de battre le Bayern Munich. Le portier a été décisif. Des parades tranchantes, des appuis compacts et précis, des bras rapides comme la foudre. En face, Manuel Neuer - le meilleur gardien du monde à bien des égards - n'en mène pas large.

A 23 ans, le natif de Morges doit désormais sérieusement concurrencer Diego Benaglio dans les plans d'Ottmar Hitzfeld.

11/01/2012 11:34 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (4)

Vitkieviez a le droit au respect

Matias Vitkieviez est en passe d'être remercié par Servette. Il partira à Young Boys. Rien de scandaleux, à priori: l'Uruguayen a réussi durant l'année 2011 à considérablement élever son niveau de jeu. Le voir rejoindre un club plus ambitieux que le SFC est tout ce qu'il y a de plus logique.

Non, ce qui est scandaleux, par contre, c'est la manière avec laquelle les dirigeants servettiens se comportent avec celui qui fut l'un des grands artisans de la promotion du club genevois en Super League.

Alors que les deux clubs sont en négociations, Servette met Vitkieviez à l'écart. Privé de camp d'entraînement avec ses copains, l'attaquant est relégué avec les M21 du club.

Mais pourquoi tant de haine envers un joueur toujours exemplaire sur et en dehors du rectangle vert? La réponse se trouve sans doute la frustration de ses dirigeants.

Vitkieviez devrait rejoindre Berne avec 150'000 francs d'indemnité à la clé. Une somme dérisoire, même si le meilleur buteur du club «grenat» ne valait sans doute pas plus de 5 millions.

Et si la bonne affaire est telle pour les Bernois, c'est entièrement la faute à la politique salariale du directoire servettien et de ses contrats à court terme. Kusunga et Tréand sont des exemples parmi tant d'autres de joueurs, talentueux et prometteurs, que le club genevois a laissé filer pour des cacahuètes faute d'avoir renouvelé leurs contrats à temps.

Matias Vitkieviez paye donc pour l'incompétence de ses dirigeants. Celui qui manquera cruellement à Servette ne méritait pas ça.

26/12/2011 11:17 Publié dans Sport | Lien permanent

Jour de la boîte

J'adore le «boxing day». Ça sent bon la bière de Noël, l'herbe lourde et la clope froide. Rarement le football est aussi proche des hommes de peu de joie que le 26 décembre.

Un après-midi au Pickwick, les verres s'entrechoquent, Serge fait office de pilier, le «boss des télécommandes» manie savamment les zapettes pour contenter tout le monde. Chacun est à son poste, l'arbitre siffle, l'exode peut commencer.

Très vite, l'atmosphère se charge d'une tension que seuls les braves connaissent. Ceux qui savent que le «boxing day» se paye de sa personne, que l'euphorie se cherche et se trouve autant au fond de la pinte qu'au bout du pied de Wayne Rooney. Le similicuir des banquettes se fait collant, une vilaine moiteure recouvre les murs, 35° à l'intérieur, -5° dehors: le «boxing day» laisse des traces, toujours. Heureusement, Dieu créa le Néocitran. Mais ça, c'est pour plus tard.

La clope est à peine allumée que la rumeur gronde. C'était pas le bon moment pour sortir soulager sa tension. A travers les culs de bouteilles qui font office de vitre, difficile de distinguer le buteur. Mais c'est bien Arsenal qui vient de marquer. Surement un coup de Van Persie, cheveu noir maillot rouge, une chance sur deux.

La mi-sèche écrasée et la bière à moitié renversée par les Pakistanais londoniens debout sur leur table fétiche, le dernier ralenti est encore capté. Ouf. C'est la loi du «boxing day»: il faut payer de sa personne pour en jouir. A défaut de la bière, la morale, elle, est sauve.

Les vapeurs montent autant que les chants. «Que sera, seraaaaaaa, whatever will be, will beeeeeee...» C'est beau toute cette chaleur humaine, si loin des artifices de Noël, et pourtant si proche. Là le football «popu» prend tout son sens. Rassembleur social et exutoire cathartique. "Bradsu-bradsou", les cockneys et les nantis du Pays de Cocagne se serrent très fort, le lycra se frotte contre la soie. Ou lorsque le jeu dur devient doux, tout doux.